Les deux termes sont si proches qu'ils créent de la confusion dans nos têtes. Distinguer un commuincant d'un journaliste dans mon pays (la Guinée) n'est pas chose aisée. Quand je dis à quelqu'un que je fais de la communication, la personne me demande pourquoi j'ai pas encore commencé un stage dans une radio de la place. Je réponds: parce que je suis pas journaliste. Alors dans ses yeux, je lis une confusion totale.

Eclairons!

Selon l'étymologie latine, "communicare" renvoie à deux significations principales: partager et transmettre ou établir une relation, qui se perpétuent dans l'ambiguité moderne.

Luhmann, cité dans le livre communication politique de Jacques GERSTLE, reconnait que "sans communication, il n'est pas de relations humaines".

On peut dire que la communication est le moyen de satisfaire à un besoin humain fondamental de relation. L'idée de communiquer est, selon beaucoup d'auteurs, indissociation à celle d'échange.

Elle a des vocations particulières selon des contextes.

1 Ainsi, la communication politique est "la gestion du pouvoir fondé sur l'échange". (Gingras, 2003). Ce que j'ajoute à cette définition, c'est la conquête du pouvoir. Puisque, à mon avis, c'est là que la communication joue sa véritable carte. Avant de gerer le pouvoir, il faut le conquérir.

 2 La communication globale définit pour une organisation, son territoire de communication et a pour vocation d'assurer la cohérence des messages à l'externe et en interne, ainsi que leur efficacité.

3 La communication institutionnelle désigne la communication qu'une organisation entretient avec l'ensemble de ses publics: collaborateurs, salariés, journalistes, leaders d'opinion, pouvoirs publics...

4 La communication commerciale qui a pour rôle principal d'inciter le consommateur à acquérir le produit ou la marque.

5 La communication sociale: elle se définit comme l'ensemble des actes de communication qui visent à modifier des répresentations, des comportements ou à renforcer des solidarités. 

6 La communication d'entreprise qui vise à porter à la connaissance du public l'existence de l'entreprise et la nature de sa production.

La liste ne peut être exhaustive dans cet article puisque la communication se greffe à beaucoup de domaines et qui finissent par porter son nom: la communication de crise, financière, de marque, de produits, interne, externe...

L'élément important à ne pas négliger dans un processus de communication est la retroaction (feedback). La communication est circulaire. Le recepteur peut devenir émetteur et vice-versa.

  Quand on prend l'information , on se rend compte qu'elle s'interesse moins pour ne pas dire qu'elle ne s'interesse pas du tout à cet élément. Elle se fait sur un processus linéaire. Pour mieux la saisir, interessons-nous au premier modèle de communication réalisé par les mathematiciens Shannon et Weaver en 1948 à l'occasion des travaux sur la transmission des informations à travers des lignes téléphoniques. Ils ont proposé un modèle linéaire qui repose sur une chaine d'éléments: la source d'information, l'émetteur, le canal de transmission, le recepteur qui décode les signaux, et le destinataire du message. Des perturbations appelées" bruits" peuvent parasiter la transmission du message et provoquer une perte de l'information. Ce modèle ne fait mention de l'échange. La communication ne peut être à sens unique. Pour qu'elle soit dynamique, elle doit être circulaire.

La difference entre ces deux termes est que la communication est circulaire et multicolore. Elle s'interesse à plusieurs domaines.

L'information est linéaire et ne se soucie pas de la réaction du recepteur.

                                                                   Louis Fabert KOUNDOUNO.